Culture

Les ruissellements amazighes dans la culture africaine

Le Maroc e st la partie septentrionale de l’ Afrique, partie essentielle du sud de la méditerranée, et au nord de l’Afrique ; Il en constitue le prolongement vers la méditerranée, vers le proche et moyen orient. Il est aussi le passage terrestre dominant vers cette Afrique, dont le Sahara, loin de constituer une délimitation , est en fait un ensemble de routes et de flux de mobilités durables. Depuis les temps les plus reculés, au moins depuis le s phéniciens, les carthaginois , les vandales et les romains, le s brassages des populations  ; à travers les échanges commerciaux, la traite des esclaves, les guerres, les mixités multiples et les interpénétrations marchandes, religieuses, politiques et linguistiques ; les cultures n’ont cessé de s’influencer mutuellement . Bien avant la constitution des espaces nationaux et avec les communautés tribales, les empires et les nations, le Maroc n’a cessé de donner et de recevoir de l’ Afrique au sud du Sahara et de servir de relais entre le Nord, l’Est et le Sud. Aussi loin que les recherches archéologiques, patrimoniales, historiques et documentaires le permettent, le Maroc a constitué un bassin d’accueil religieux , commercial et politique de l ’Afrique subsaharienne. La culture constitue une cristallisation remarquable de cette dynamique. Bien avant le contournement du Maroc par les voies maritimes, les territoires amazighs ont constitué les intermédiaires, les relais et les acteurs principaux de ce ruissellement continu, profond et multiforme du Maroc dans les deux sens. Les influences africaines de la cu lture marocaine s’accompagnent s ’entrecroisements et renforcent les « soft power « africains dans leurs forces, leurs multiplicités, leurs complexités et leurs étendues, de la méditerranée aux pays de l’Afrique de l’ouest d’abord mais aussi de l’est. Les accès terrestres entre le Maroc et l’Afrique sont illustres dans l’histoire, la géographie, l’économie, la politique et la culture : Le Tafilalt, Sijilmassa , Le Draâ , Marrakech, Aghmat , Igiliz , Boudnib, Figuig, le Hamada du Guir , le Hoggar ,  Tinmel , Tiznit, Taroudant, Tazerwalt , Tata, Akka, Touat, Tarfaya, A wserde , et Dakhla, constituent les passages obligés et bien connus du VIII é me au XIXème siècle. Les deux rives du Sahara se sont appropriées progressivement ces ruissellements somme toute vertueux. Plus que des empreintes, les emprunts réciproques s’expriment le plus naturellement possible dans les costumes, les musiques, les chants, les danses, les superstitions, les magies, les croyances , les arts de la guerre, les pouvoirs politiques, les communa utés tribales et territoriales ; ils alimente nt des références partagées dans les soubassemen ts historiques, religieux et politiques. Cette culture multiple a tissé des liens forts dont le temps et dans les espaces et a permis à chacun des pays d’en faire une composa nte essentielle de son identité. C’est bien en cela que la culture est transversale, véhiculée par plusieurs activités sociales, politiques et religieuses, pacifiques et belliqueuses et qu’elle constitue un pouvoir symbolique et matériel déterminant. 1-Les échanges commerciaux, les commerces triangulaires et l es intermédiations mercantiles. La prospérité du Maroc tel qu’il était configuré entre le Xème et le XVI ème siècle est due à sa puissance politique, à la capac ité des dynasties en place à mai triser tribus et territoires, à sécuriser les routes et à pénétrer aussi loin e n Afrique de l’ouest et de l’Est subsaharienne. Le Maroc s’étendait alors de la méditerranée au fleuve Sénégal et de l’ a tlantique à la ville d’Alger . Pendant l’apogée de l’empire Almohade, le Maroc s’étendait de l’atlantique à Tripoli et du sud de la méditerranée au fleuve Sénégal. C’est cet axe commercial, politique et culturel, nord –sud qui a joué un rôle essentiel pendant ces siècles d’accumulation marchande. Les oasis amazighes en sont les organisateurs, les relais et les négociants principaux. La maitrise des routes caravanières leur assure des béné fices considérables et propage leurs cultures et à travers elles celles de leurs clients et fournisseurs. Les études sur la genèse du capital marchand de la période appelée « le mercantilisme «  et sa contribution au développement du capitalisme industriel en Europe , montrent le rôle essentiel des places commerciales  amazighs dans ce processus  : Sijilmassa , la vallée de Draa, Marrakech, tazerwalt , Tiznit et Taroudant e . Les passages partant de Tiznit, Tarfaya, Gao , Tombouctou, sont les voies dominantes des échanges entre l’Europe et l’Afrique à travers Fès, Tétouan, Agadir, Mogador, Gibraltar, l’ Andalousie musulmane, la vallée du Rhône et Marseille. Les produits européens viennent d’Anvers , de R otterdam, de l’Inde et la Chine à travers la Mecque ou à travers l’ Italie. Les produits échangés sont multiples et variés : l’or , l’ivoire, le sel, les épices, la laine, la soie, les tissus, les céréales, les munitions, les armes et les esclaves . La traite des esclaves a dynamisé les échanges, les caravanes, les gu erres et les invasions qui vont avec . Avec les grands empires Almoravides , Almohades, M érinides, Saadiens et Alaouites ; et ce du VIII eme au XIX siècle  ; les territoires amazighophones du Maroc ont créé des liens forts entre les territoires d’ extrême orient et ceux au sud du Sahara. Ces véritables bourses mercantiles ont installé très tôt des centres caravaniers comme Tombouctou , Ghadamès , Gao , Tighaza et Awdaghust vers Ghana et le Soudan ( pays des noirs) . « C’est au Maroc qu’aboutissent les voies les plus courantes qui mènent de Berbèrie à la vallée du Niger ou du Sénégal. Elles furent toujours les très suivies ; et un double courant civilisateur se laisse encore clairement discerner dans les techniques et dans les cro yances  » . Cet axe qui partait de Sijilmassa et rejoignait le Ghana en passant par les salines de Tatental à Tighaza était la route la plus fréquentée au Moyen Age . L e grand explorateur Ibn Batouta l’a empruntée. Et Léon l’A fricain en a tracé les contours . 2- invasions et propagation de l’islam ; Ces échanges se sont multipliés considérablement et sont t oujours portés par des invasions, des guerres et des dominations. Les prédications ont bien servi de raisons, de prétextes et de justificatif s pour la mainmise sur les circuits des commerces, sur les ressources naturelles et sur les centres des échanges. Les Almoravides, dynastie amazigh avec la confédération Sanhaja , les Touaregs et leurs alliés, ces «  Almoulathamounes « (les voilés), ces neveux des Touaregs amazighophnes , ont pénétré aussi loin que les produits échangés leur permettaient de dominer. C es mouvements belliqueux ont fini par créer de s mélanges culturels profonds. La traite des esclaves a permis des brassages et des mélanges linguistiques, des partages rituels et artistiques durables ainsi que les installations de populations le long des routes caravanières, des centres d’approvisionnent et dans les centres de pouvoir. Les armées almoravides intégrai ent un grand nombre d’esclaves . Les Almohades, de la confédération saharienne des Masmoudas , des chleuhs du profond Sous, vont continuer et amplifier les guerres de diffusion de l’islam, d’ i slamisation des juifs , des b erbères, des africains au sud du Sahara. Ils ont bâti le plus grand empire marocain de l’histoire dominant toute l’Afrique du nord de l’Atlantique à Tripoli et de Sebta jusqu’au fleuve Sénégal. Les Mérinides, berbères Zénètes, vont continuer de dominer les voies commerciales et assurer l’intermédiation des plaques tournantes et des tribus amazighes et alliés Touaregs et arabes dans toute cette mosaïque commerciale, religieuse et humaine. Les tissus culturels se sont renforcés au fur et à mesure, portés par les échanges, l es guerres et les flux et reflux des populations. Les Saadiens, assoiffés d’or, de richesses et d’esclaves, ont amplifié ces phénomènes à travers les axes nord- sud et est – sud, notamment avec Ahmad al Mansour addahabi , surtout après la victoire sâa dienne des « trois rois » à Oued AL – Makhazine près de ksar lakbir et la victoire marocaine s ur les armées portugaise , espagnoles et turque . Derrière les alibis et les idéologies de propagation de l’islam, se cache le besoin d’or, d’esclaves et autres produits échangés par les Saadiens entre l’Afrique subsaharienne, la Hollande et l’Angleterre.  Le paradoxe est que ces pays soum i s par la force étaient islamisés depuis les Almoravides. Cette pratique est contraire à l’idéologie de ces prédicateurs et à l’interdiction par l’islam à un pouvoir musulman de dominer par la violence une communauté ou pays musulman. Ces guerres ont contribué à ouvrir les voies aux négriers européens, maghrébins et turcs et ont facilité la pénétration européenne, les exactions des négriers, les guerres entre tribus et contrées d’Afrique noire pour les butins et la vente des esclaves vers l’Europe et les Amériques. Ce sont là des préludes essentiels aux colonialismes européens et aux impérialismes des XIX et XX eme siècles. «  La décadence Saadienne , s’est traduite, sur le plan des échanges, par le tarissement du courant commercial reliant le Soudan à Marrakech par la voie du Drâa , au profit de l’axe central reliant le Soudan aux ports du Maghreb central par la voie du Touat …  » . Les sultans alaouites du XVII, XVIII et XIX eme siècles vont continuer de dominer les territoires marocains du Sahara et de son sud. Ils ont continué à nommer les représentants du sultan sur tous ces territoires jusqu’ à la colonisation française en Algérie en 1830 et sa domination sur l’Afrique de l’ ouest. Ce sera le début de l’encerclement progressif du Maroc et l’amputation de ses territoires du Sud, du Sud –Est et du Nord, pour élargir la souveraineté coloniale du territoire français en Algérie . La défaite des armées marocaines face aux armées françaises à la Bataille d’Isly en 1844 et la convention de lalla Maghnia en 1845 marquent bien des ruptures politiques majeures . Les échanges commerciaux, les conversions forcées, comme les dominations politiques, sont conçu s, organisés et installés dans la durée par les mouvements de négociants, de producteurs, de travailleurs , d’envahisseurs, d’intermédiaires, de militaires , de p ré dicateurs et de politiques. Ces liens ont fini par créer et diffuser les cultures des dominateurs vers les soumis mais aussi des dominés vers les initiateurs. Comme le sable, l’air et l’eau, la culture accompagne, transforme et perpétue les mouvements et les structures sociales et humaines . 3 – Les transmissions culturelles et artistiques. Tous les territoires de l’Afri que de l’Ouest se sont imprégné s progressivement de la culture marocaine à travers les relais et les composantes amazighs. Les différents contacts et mélanges ont marqué de leurs pesanteurs les croyances, les imaginaires, les arts et les créations dans ces pays, qui à leur tour ont développé des phénomènes similaires au nord du Sahara . Les modes de pensée et de vie se sont ainsi progressivement imprégnés de ces liens essentiels, da ns tous les domaines : Les langues , les rites, les cérémonies, les costumes, les musiques, les danses, les transes, les psalmodies du coran et les samaa (invocations religieuses, mystiques et spirituelles ), l’architecture, les monuments, l’organisation des communautés tribales et villageoise s , a insi que les cultes des saints et des ancêtres, le sacré, la magie, les zaouïas , les calligraphies et les manuscrits. Très tôt et dès le VIIIème , l’islamisation a pénétré les vastes territoires de l’Afrique de l’Est, de l’Afri que du nord et à travers elle de l’Afrique de l’ouest. La pratique de l’islam sunnite -malékite s’est propagée. La culture liée au coran et à la langue arabe s’est généralisée et avec elle l’écriture, les savoirs religieux, les calligraphies et les savoirs scientifiques, venus d’orient et transmis par les invasions et les voies commerciales, depuis les almoravides jusqu’aux alaouites du XIXème siècle. Cette culture s’est propagée dans les pays sahélo – sahariens, jusqu’au Nigéria à l’Ouest et au soudan à l’Est . Ces sav oirs religieux, culturels et sociaux se sont autonomisés et se sont métamorphosés au Maroc puis transmis en tant culture marocaine. Les marchands, les envahisseurs, les prédicateurs, les foukaha Soussi, sanhajis , masmoudis , mérinides, Zénètes, dilaites et les soufis en sont les diffuseurs à travers des formes multiples d’intermédiation entre l’orient, l’Andalousie et la qaraouyine à Fès .  C’est à partir du XVII eme siècle que le soufisme a commencé à s’implanter e t que les zaouïas sont édifiées et ont exporté leurs spiritualités et leurs rituels. La zaouïa de Dila , dont le pouvoir était fort sur le moyen- atlas, le haut- atlas et les oasis du sud-est et du sud jusqu’à Tiznit, tazerwalte , Taraudante , Gao et le sud, a servi de r elais à ce commerce porteur de la c ulture arabo- amazigho – musulmane. La zaouïa la plus importante et la plus dynamique depuis le XVII eme siècle est la Tijaniya , dont la maison mère est à FES. Son rayonnement est manifeste dans toute l’Afrique de l’Ouest. Son influence est considérable tant sur le plan religieux évidemment, que sur les plans politiques et culturels. Le soufisme authentique se veut une totalité, un mode de vie et de mort. La zaouïa de Tazerwalt à Illigh dans la région de T aroudant , a pu pr ofiter dès le XVII eme siècle des ports d’A gadir et d e Massa pour dominer les ramifications commerciales et servir de plaque tournante dans les échanges entre la Hollande et l’Angleterre avec les routes caravanières vers l’Afrique sub- saharienne . L’axe Taroudant –Gao-Tombouctou assurait sa prospérité. Les manuscrits célèbres, notamment dans le centre Ahmed Baba à Tombouctou , s ont bien le produit de ce ruissellement culturel et religieux à partir des territoires amazigh phones m arocains vers les vastes espaces au sud du Sahara . Les caractéristiques essentielles de ces manuscrits sont similaires à celles des manuscrits marocains  : Ecrits essentiellement en langue arabe, ils portent sur le coran, les hadiths, la sunna, le fikh , l’astrologie, l’astronomie, la géographie, la pharmacologie, la morale, la sexologie et la jurisprudence. Ils sont transcrits aussi en caractères arabes dans les langues locales – le Haoussa , le Peul et le wolof notamment. D ans les langues nationales et les parlé s locaux, les emprunts de mots, de formules et d’ intonations sont multiples. Les circuits des Touaregs amazighs nomades et co mmerçants ont bien entrecroisé les communications intercommunautaires : Tamachekht pour dire Tamazight, Tabaska pour dire Tafaska (aïd du mouton ), Achardane au lieu de Ahardane (le noir de peau ), etc … Ce sont ces mêmes nomades et transhumants qui ont transmis les costumes, les voiles, les arts culinaires, l’usage des ép ices, les chants, les musiques, l’architecture et autres. Dans la musique, les déplacements des nomades, des tribus et les déplacements des populations ont implanté des genres et des variantes de musiques et de chants « a capella  » : Les chants forts et stridents et criés  ,   la vièle, le mondorde , le grand tambour  , le rribbab , le ganbaré et les crotales sont partagés et se retrouvent dans plusieurs espaces  .les chants berbères de Haha , de Tata, de Guelmime , ceux des Touaregs et des tribus awserdes , reprennent des références communes qui se retrouvent au Niger , au Mali et a u Burkina- Faso . Les variantes Gnaoua – chants, danses, transes , et instruments de musiques à archet courbé monocorde – dont la composante Ismgan es ou ismkhanes (esclaves en berbère) sont une belle illustration qui t émoigne de ce partage patrimonial que les amazighs noirs , descendants des anciens esclaves , ont perpétué et épanoui avec bonheur . Les constructions en pisé, en paille et avec de la chaux, qui caractérisent les agglomérations et les oasis du Maroc ( igherms , ighermane , tighremte ), se retrouvent dans les ksars des oasis, dans les kasbas du sud –est et du Hoggar et reprennent le s mêmes techniques et les mêmes savoirs –faire , que ce soit dans tighremt (la casbah) n’ait Benhaddou , à Illigh , dans les bâtisses et murailles almohades, à Figuig, à Zagora , comme dans les beaux monuments étagés à Tombouctou, à Gao, au Hoggar , au Burkina -Faso et au Niger notamment . Les gravures rupestres qui se retrouvent dans les massifs et hauts plateaux le long de ces routes caravanières, dans les environs des refuges et des puits épousent les itinéraires connus porteurs de graphies, de communications, d’informations et de messageries . Les habits, les costumes, les bijoux et coiffes de cérémonies et d’apparat se retrouvent dans de vastes te rritoires sub – sahariens et expriment les cadences lentes, résistantes et lancinantes des dromadaires, des caravanes. Les capes tissées avec la laine de mouton, de caprins et de dromadaires (pour les riches et les notables) , se retrouvent avec la même logique et des for mes variées au Sud du Sahara, r ep renant celles en portées au n ord ( asselham , azenar , akh nif …). Les voiles bleu –indigo et les turbans épais et bien fournis ainsi que les gandouras (vêtement enveloppant) amples et flottantes sont similaires . De Tiznit, Tafraout , Taroudant, Dadès , Darâa , Figuig, Goulimine, Tâta, AKKA, Tiskiouine , Tissint , Touat , etc. , les couleurs des vêtements et les tissus ont inspiré les marchands et les femmes du Sud. On retrouve des métiers très proches dans la confection de bijoux d’argent, d’ambre et de parfu ms de part et d’autre du Sahara. Les fameuses croix du sud et autres fibules ( tazerzait ) en témoignent amplement. Les tentes de s nomades sont des poils tissés de boucs et de chèvres. Les outres d’eau adaptées aux conditions naturelles des déserts sont confectionnées à partir des peaux des caprins. Au-delà des péripéties de l’Histoire et des histoires qui l’illustrent, l a culture amazighe du Maroc, telle qu’elle s’est modelé e le long des siècles, a pu irri guer de façon continue, des territoires et pays africains sub- sahariens, contribuant ainsi au partage des valeurs, des arts et des modes de vie proches les uns des autres. Ces ruissellements continus, raffinés et multiformes sont des liens durables qui ont créé des partages, des référents communs et des complicités que les siècles n’ont fait que fortifier et consolider. Au-delà des évènements ; en eux-mêmes heureux et malheureux ; les cultures de plusieurs p a ys africains au sud du Sahar a ont su s’approprier ces emprunts devenus les leurs. Le Maroc a fait siennes ces ramifications culturelles venu e s de ces pays.  Il y a bien une Afrique de l’ éthique , des cultures et de l’ esthétique  ; elle est plurielle et reliée par ces vastes partages. C’est bien la culture, les valeurs partagées, les références communes et les resp ects des différences qui constituent  ; au-delà des péripéties du temps et de la géopolitique  ; le véritable pouvoir des racines, le pouvoir symbolique, le « soft – po wer » . Driss KHROUZ. RABAT . O ctobre 2021 .

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