Culture

La shoah et le Maroc

Fédération Sépharade du Canada.               

Colloque « la Shoah et l’Afrique du Nord ».

Montréal. 14 et 15 Novembre 2021.

La shoah et le Maroc.

Les lois de Vichy décrétées en France après sa soumission à l’invasion allemande et aux impératifs nazis, ont été transplantées dans les colonies et les pays sous protectorat français. Après l’occupation de la France 1939, la résidence générale au Maroc s’est soumise aux choix du gouvernement de Pétain et a ainsi adopté les lois de Vichy sur les harcèlements, la déportation et l’extermination des juifs.

Sans aucune mesure avec ce qui s’est passé en Europe de l’Est et en France, les mesures appliquées au Maroc sont totalement différentes de ce qui a été imposé en Algérie et nettement distinctes de ce qui s’est passé en Tunisie.

Si le Maroc a subi un régime qui ne peut en aucun cas être comparé aux situations de pays où des humains sont subi la shoah du fait de leur appartenance religieuse et culturelle, il a connu des violations graves de la dignité et de la liberté d’une partie des juifs.

Malgré la particularité du Maroc vis-à-vis de la shoah, les marocains de confession juive comme l’ensemble des marocains ont subi le choc destructeur de la barbarie du nazisme en Europe. Cette onde dévastatrice a totalement rompu les équilibres antérieurs et a propulsé le Maroc et ses juifs dans des tourmentes profondes et déchirantes.

Ces deux déferlantes sont liées, l’une directement et l’autre indirectement, à la shoah en Europe, aux péripéties de la deuxième guerre mondiale et aux conséquences du nazisme sur la géopolitique dans le monde et aux destins de plusieurs régions.

Les lois de Vichy au Maroc.

A la suite de la défaite de l’armée française et la capitulation du maréchal Pétain, la France a imposé, à partir d’octobre 1940, les lois anti-juives à la Tunisie, au Maroc, ses deux protectorats d’Afrique du nord, et bien évidemment à l’Algérie sa colonie depuis 1830.

La résidence générale et ses institutions ainsi que les milieux pétainistes et antisémites français ont tout fait pour faire subir aux juifs les mêmes lois et obligations que celle imposées aux juifs de France.

Des camps d’internement, sous l’autorité exclusive des autorités du protectorat, ont été installé dés 1940 par la direction des affaires politiques du protectorat pour certains et par la direction des du département de l’industrie et de la production pour d’autres. Il y avait en 1942 sur l’ensemble du territoire 14 camps d’internement dans lesquels sont enfermées 4000 personnes dont 500 juifs. Les marocains juifs n’étaient pas enfermés dans ces camps. Fuyant les persécutions du nazisme dès 1939, des juifs de France et d’Algérie, des espagnols républicains, des communistes, des francs-maçons, des gaullistes, des antifascistes allemands, autrichiens, italiens se sont réfugiés au Maroc.

Ils sont les victimes de ces camps aux appellations diverses : Camp de réfugiés(C.R.) à Oued-Zem ; Camps de transit (C.T.) à Sidi el ayachi à Azemmour ; Centres de séjour surveillé (C. S.S), à Bouarfa (sur les confins limitrophes de la frontière sud-est avec l’Algérie) et Berguemt (dans la région aride de l’Oriental). Dans ce dernier, les conditions de détention étaient inhumaines ; il enfermait en 1942 une population de 400 juifs, en majorité des anciens volontaires de nationalités différentes qui se sont engagés dans la lutte contre les nazis et leurs collaborateurs et qui ont fui l’Europe ; Camps disciplinaires (C.D) : Ces centres qui emprisonnent des populations hétéroclites jugées dangereuses venues se réfugier au Maroc pour fuir la barbarie nazie, obéissent à la même démence de répression, de racisme, de totalitarisme et d’intolérance. Les lois et directives nazies y sont imposées comme partout en Europe.

« Par le combat contre les juifs, je fais le travail de Dieu » écrivait HITLER [1] : A la différence de la Tunisie où les lois de Vichy ont été appliquées brutalement de Novembre 1942 à Mai 1943 et où le nombre de camps de travaux forcés est le plus élevé de la région et de l’Algérie française où la communauté juive a subi les mêmes persécutions qu’en France et notamment à travers l’abrogation le 7 octobre 1940 du décret Crémieux, la situation est différente au Maroc[2]. Le sultan du Maroc et la majorité des milieux entourant le Makhzen sont fondamentalement opposés aux principes racistes, haineux et destructeurs de Hitler qui ne portait pas l’Islam en son cœur.

Les marocains juifs sont enracinés dans le pays depuis plus de 2000 ans, bien avant les phéniciens, les carthaginois, les romains, les musulmans, les arabes, les français et les espagnols.  On assimile bien les philistins, dont parle la bible aux berbères. [3]

Les notables juifs sont une composante des négociants, des fournisseurs, des banquiers, « des Tajers » et des influenceurs du makhzen bien avant le protectorat.[4]

Ils sont bien présents dans toutes les arènes du pouvoir en Andalousie berbéro-arabo- judéo-musulmane avant l’expulsion des musulmans et des juifs. Ils sont des acteurs actifs dans toute les périodes d’ouverture du pays notamment sous le règne des sultans Moulay Ismaël, Mohamed ben Abdallah, et Hassan premier et dans Tanger la zone internationale [5].

Le sultan Mohammed V a pris, dès le 3 septembre 1939, une position franche et courageuse d’appui à la France et d’engagement contre l’Allemagne et les puissances de l’Axe. Par plusieurs prises de positions et gestes, il a tenu à exprimer son refus le plus absolu à toute atteinte à la dignité et à la sécurité des marocains juifs comme des marocains musulmans. Il a ainsi placé la délégation des représentants de la communauté juive pendant l’allégence à l’occasion de la fête du Trône en 1939, à la première place, au même niveau protocolaire que les représentants du protectorat. Il a affirmé dans ses discours de 1939 à 1955 que les juifs sont ses protégés comme les musulmans ; tous les marocains sont ses sujets : « …Je tiens à vous informer que comme par le passé, les israélites restent sous ma protection, et refuse qu’aucune distinction soit faite entre mes sujets. » [6]

Les partisans du mouvement de Vichy étaient minoritaires, le président général Noguès prudent et opposé en son for-intérieur aux lois de Vichy a louvoyé et tergiversé dans ses politiques entre Pétain et De Gaulle.

Si les marocains juifs n’avaient pas connu les atrocités des camps et des persécutions comme en Europe, ils ont été malgré tout soumis à des pressions et des discriminations limitant leurs droits d’accéder à la fonction publique.ls ont été refoulés et interdits de séjour dans les quartiers européens et soumis aux contrôles, aux surveillances et aux privations de leur liberté de circuler, même à l’intérieur du pays.

Le débarquement des alliés sous la direction des Etats unis d’Amérique en Novembre 1942 a changé totalement les rapports de force géostratégiques en Afrique du nord et particulièrement au Maroc. Les autorités du protectorat ont définitivement rejoint les positions du général DE Gaulle. Les prisonniers et les internés sont libérés et l’étau sur les juifs et autres cibles du nazisme s’est totalement desserré.

Si Mohamed V n’avait pas été ferme dans ses positions, malgré ses faibles marges de manœuvre, et si le débarquement avait tardé, la shoah aurait été imposée au Maroc aussi, un processus était en fait enclenché par le protectorat sous les lois de Vichy.

Les marocains juifs et musulmans ont participé massivement à la libération de la France et de l’Europe à travers leurs engagements dans les armées de libération – goums, tirailleurs et autres spahis –  dans les grandes batailles en Libye, en Italie, en France et en Allemagne.

Le débarquement américain va donner de nouvelles tournures à la situation des marocains en ouvrant les portes du pays à des institutions et organismes juifs américains et européens.la France accordant la nationalité à de nombreux juifs et intégrant de plus en plus les citadins de confession juive dans les modes de vie européenne. Le statut de dhimmi est supprimé dès les début du protectorat en 1912, l’institut des hautes Etudes rabbiniques est créé en 1951.

Dorénavant les marocains juifs seront soumis à deux logiques contradictoires et de forces inégales, l’une internationale portée par les conséquences de la shoah et la création de l’Etat d’Israël et l’autre par la cohésion traditionnelle de la communauté autour de sa mémoire, de ses rites et de ses intérêts économiques et sociaux.

Le traumatisme collectif est inscrit dans chacune des deux logiques.

Les marocains juifs et les ondes destructrices issues de la shoah.

La deuxième guerre mondiale en général et la shoah en particulier sont un traumatisme universel qui a bouleversé irrémédiablement les équilibres mondiaux, régionaux et nationaux, ainsi que les destinées de plusieurs sociétés et communautés.

Avec l’entrée en guerre des Etats-Unis d’Amérique et le choc de l’attaque de Pearl-Harbour, les américains ont pris conscience de la terreur nazie et des terribles souffrances subies par les juifs et les minorités dans le monde.

La culpabilité et la mauvaise conscience des européens et des allemands en particulier ont radicalement changé le regard des sociétés et des populations sur les juifs.

Des élans d’empathie, de soutiens politiques et financiers et surtout la quête de solutions de réparations collectives à leur égard se sont multipliés et ont contribué à porter à légitimer la création de l‘Etat d’Israël.

Le comité des juifs américains (The American jewish commitee) a développé ainsi sa présence au Maroc et propulsé à l’échelle de tout le pays l’implantation et l’élargissement des actions de l’alliance universelle israélite et du congrès juif mondial.

Les effets d’attraction exercés par le décret Crémieux en Algérie sur les juifs marocains se sont amplifiés. Les migrations entre l’Algérie et le Maroc sont continues. Le protectorat a permis à une minorité de marocains juifs d’acquérir la nationalité française ; les enfants de beaucoup de familles vont à l’école française.

L’alliance israélite universelle, ainsi que le congrès juif mondial et tout un ensemble de messsagers physiques et institutionnels du sionisme, se sont implantés, engagés et bien en action avec de gros moyens et un travail de terrain profond et de proximité pour encadrer les marocains juifs et les pousser à émigrer vers Israël dont la création en 1948 est marquée par ce contexte. Les juifs du Maroc ne pouvaient pas rester isolés de ce que vivent les juifs ailleurs et de ce qui se passe dans le monde. La barbarie du nazisme, l’antisémitisme en Europe, la force de la progande sioniste, l’amélioration de leur situation avec le protectorat français tant sur le plan économique que la suppression du statut traditionnel de « dhimmitude » qui ; quoique ayant permis de protéger les juifs pendant les périodes de luttes de pouvoir, d’instabilité et de razzias, n’en constitue pas moins une posture de supériorité  et contraire aux droits humains et aux libertés individuelles conformes aux cultures politiques de la deuxième moitié du XXe siècle[7].

« Les deux groupes confessionnels, musulman et juif, bien qu’étant de statut inégal et dans un rapport de dominant et de dominé, au niveau politique comme au niveau religieux, coexistaient cependant dans une collaboration féconde le plus souvent dans la tranquillité et la paix sauf en ces périodes de passion et de violence… » [8].

La déclaration universelle des droits de l’Homme est adoptée. Les Etats-Unis sont hostiles à la colonisation, au protectorat et aux ségrégations que subissent les juifs. L’Amérique est devenue l’épicentre du monde libre et a proclamé sa volonté de protéger les juifs du monde en entier.

L’émigration en dehors du Maroc s’accélère. Les flux vers Israël sont les plus importants ; ils concernent en majorité et d’abord les ruraux, pauvres, souvent analphabètes et sans formation. Les mellahs se vident et les migrants vont aussi en France, au Canada, aux Etats-Unis, en Angleterre et en Amérique latine. Le peuplement d’Israël est devenu une urgence.

La communauté marocaine juive, la plus nombreuse, la plus rurale et la moins touchée par l’occidentalisation jusqu’ à la fin des années 1950, est la cible privilégiée des institutions sionistes mondiales porteuse des promesses d’« ALYAH » (montée en hébreu qui signifie l’émigration vers Jérusalem ).

Malgré les positions courageuses et constantes du sultan Mohamed V, les règlements de comptes et le nationalisme étroit, exclusif et raciste d’une partie de la classe politique et des élites   pendant ces années cruciales entre 1953 et 1968 qui ont imposé l’idéologie panarabe et panislamiste, ont accentué le malaise et la déstabilisation des communautés juives. Le protectorat et l’adhésion au mode de vie européen des juifs citadins ont déconnecté une grande partie des juifs de leur ancrage traditionnel et a exercé une attraction déstabilisatrice devenue hémorragie.

 Le dilemme du choix entre deux destins l’un comme l’autre douloureux est traumatisant.

Le non-dit ravageur et le silence coupable ont couvert d’un voile occulte cette saignée des années 1947 à 1967. Par pudeur, par orgueil, par hypocrisie, par lâcheté et par peur les gens ont refoulé ce traumatisme collectif. C’est que des villages, des quartiers et des villes ont perdu une partie des leurs. L’effondrement de plusieurs activités, la perte de savoirs -faire ancestraux, la pertes d’amis, d’associés et de voisins ont bouleversé leurs compatriotes musulmans, arabes et amazighs.

Il y eut des comportements et des déclarations politiques de rejet des marocains juifs, comme il y eut des évènements tragiques, mais isolés, comme les émeutes qui ont fait 37 morts à Jerrada et 5 à Oujda le 7 Juin 1948, à la suite d’un grave incident entre 2personnes et des émeutes en réaction à la proclamation   de l’indépendance de l’Etat d’Israël.

Le sultan qui a reçu le 16 novembre 1955 au château de Saint-germain –en –Lay à son retour d’exil la visite du Président René Cassin accompagné d’André Chouraqui, a réaffirmé sa protection pour ses sujets juifs[9]. « Les marocains israélites ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres marocains » (Mohamed V, Discours du Trône, 18 novembre 1955).

Ce n’est pas la question de la liberté d’émigrer ou non qui est posée ici en soi, vers Israël ou ailleurs, mais bien le climat de déstabilisation et de déracinement brutal des communautés – « peuple premier » – du Maroc qui est posé.

Ce n’est pas l’existence d’Israël qui est en question ici bien entendu.

C’est l’une des ondes de choc de la shoah qui a précipité et aggravé le départ des juifs du Maroc : entre 1955et 1956, l’agence « Kadima » a encadré l’immigration de 55.000 personnes vers Israël.

Bien sûr qu’il y avait un contexte et national et international, bien sûr que l’histoire ne va pas à reculons. Mais cette fuite massive et brutale n’est pas un choix assumé, négocié sereinement et préparé ; elle est un arrachement et pour beaucoup un saut dans l’inconnu, et dans l’angoisse. Un déchirement de familles qui ont dilapidé et abandonné dans l’affolement, biens, stabilité et sécurité pour un ailleurs inconnu ; rêve ou cauchemar ?

 Israël, cet ailleurs, les marocains juifs le vivent comme une mythologie, une sorte de paradis qui les habite par tradition mémorielle et qui constitue une pesanteur vertueuse vers une vie promise et à mériter, qui cimente leurs quotidiens et les rattache à un destin collectif né avec l’Exode et Jérusalem l’éternelle. La Bible, la Halakha, le Talmud et la cabale, donnent à ces communautés le cadre messianique et liturgique de leur existence et de leurs imaginaires individuels et collectifs.

Conclusion.

Les marocains juifs vivaient dans les villes et les compagnes, ils ont apporté au Maroc ; bien avant 1391 et 1492 avec la « Reconquista « et l’expulsion des andalous ; sciences, savoirs, cultures, commerces et richesses.

 Ils étaient araphones, amazighbones, certains parlaient l’hébreu, beaucoup récitaient leurs liturgies   sans parler la langue.

Ils étaient caravaniers, négociants, paysans parmi les paysans, artisans, fonctionnaires, commerçants, notables, savants, voisins, amis, et associés. Avant la multiplication des écoles israélites, ils fréquentaient les mêmes écoles que leurs compatriotes de confession musulmane (Titre foncier et école de gourrama).

Malgré les prescriptions religieuses obsolètes de « dhimmi » et de « jizya », le quotidien est le même pour tous les marocains. La stabilité et la sécurité ont éloigné les pics d’antisémitisme et d’intolérance qui pointaient pendant les périodes de troubles.

Comme les autres communautés minorisées (les noirs, et les berbères) , les juifs ont subi des injustices et les affres des marginalités pendant certaines périodes de l’histoire, mais elles ont faibli progressivement.

Le processus de modernisation du Maroc, son ouverture sur le monde   extérieur plus développé, sa stabilité, la transition vers la sécularisation, vers la culture des droits humains et des libertés citoyennes ont changé structurellement la société marocaine et le cadre de vie de tous les marocains juifs, arabes, musulmans et amazighs.

La conscience et la reconnaissance des drames vécus par les juifs de l’Afrique du nord du fait de la shoah, quel que soit le pays qui l’a subie, est un devoir moral. Tous les humains épris de dignité, de respect et de liberté en sont des victimes directes ou collatérales.

Le Maroc où les juifs n’ont pas subi des pogroms aussi graves que dans d’autres pays, n’en a pas été moins amputé d’une partie de lui-même, si précieuse pour ancrer une société plurielle, diversifiée et multiculturelle.

Les civilisations meurent de leur obsession de la pureté.

Driss KHROUZ.


[1] Philippe SANDS – Retour à LEMBERG-traduit et édité chez Albin Michel.Paris.2017. p.123.

[2] Mohammed KENBIB. Jamaa BAIDA. Simon LEVY.

[3]  EL BEKRI, Ahmed NACIRI, Gabriel CAMPS- les berbères, mémoire et identité, éditions des Hespérides 1980. 

[4] Joseph CHETRIT – la bienvenue et l’adieu-  migrants juifs et musulmans au Maghreb XVe – XX e siècles ; sous la direction de Karima DIRECHE et Rita AOUAD volume II-ruptures et recompositions ; actes du colloque d’Essaouira ; éditions la croisée des chemins ; Casablanca

[5] Juifs du Maroc. Identité et dialogue. Editions la pensée sauvage. Paris.1980.

[6]  Dépêche de l’Agence française de l’Information datée du 24 mai 1941, signée par le journaliste René TOURRAINE.  Michel Abitbol-les juifs d’Afrique du nord sous-vichy –maison larose.1983

[7] Edmond Amrane EL Maleh. Mille ans, un jour. Ed .la pensée sauvage.

[8]  Haïm Zafrani. Mille ans de vie juive au Maroc. Histoire et culture, religion et magie. Editions. Maisonneuve et Larose. PARIS.1983. P.17.

[9]  André Chouraqui. Histoire des juifs en Afrique du Nord. Editions du Rocher. Paris 1998. t.1.

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