Dix ans de la nuit blanche du cinéma des Droits Humains
L’ARMCDH fête ses dix ans.
Les jeudis du cinéma des droits humains. L’Association des rencontres méditerranéennes du cinéma des droits humains m’a contacté pour me proposer un partenariat avec la bibliothèque nationale du royaume du Maroc dont j’assurai la direction, pour organiser l’édition 2012 des « nuits blanches du cinéma des droits humains » sur son esplanade et dans son auditorium. Un enthousiasme contagieux est né de la lancée des débats publics sur les réformes et la montée en puissance des associations q ui voulaient mobiliser et sensibiliser sur les questions des droits humains, des libertés individuelles et de la place de la femme dans toutes les sphères -politiques, économiques, culturelles et familiales -de la société. Cette mobilisation est issue de l a dynamique du referendum du 29 juillet 2 , aux manifestations violentes dans plusieurs pays arabes et aux discours Royaux de Mars et juin 2011. C’est dans ce contexte que fut créée en 2010 « l’ association des rencontres méditerranéennes du cinéma et des droits humains » . Les élections législatives se sont déroulées dans une ambiance d’expectative, de retenue et pleine d’ interrogations : Quel sera le parti majoritaire ? quelle majorité pour Le pays ? quel parlement avec ses deux chambres ? Et quel gouvernement pour la mise en œuvre du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif à l ’aune de la nouvelle constitution et de l’élan d’enthousiasme et de mobilisation qu’elle a pu créer ? Les discutions avec les représentantes de l’ARMCDH ont porté sur le contenu de leur projet, les institutions et les personnes qui les soutiennent, sur les objectifs et les populations que les « nuits blanches du cinéma des droits humains » veulent sensibiliser, associer et intégrer dans leurs activités. Conscient de l’importance de la culture en général, du cinéma et des débats d’ idées en particulier dans l’ épanouissement des jeunes, la bibliothèque nationale a travaillé avec les porteuses du projet pour participer à sa réalisation et mettre à leur disposition les moyens de la bibliothèque nationale pour la réussite de cet évènement. C’est que ce projet est porté par d es militantes dans c ette association qui partagent avec la bibliothèque nationale la ligne éditoriale de ses activités culturelles. Engagée dans les enjeux culturels et socio-politiques du Maroc, l’institution avait l’ambition de contribuer à faire de la culture le levier principal de la citoyenneté, de la liberté, du respect des différences, de la démocratie, de la cohésion sociale et de la stabilité pour l’intelligence collective au MAROC. Les jeunes en sont les cibles privilégiées. Le pa ri su r les jeunes et leurs attentes. Depuis dix années successives les nuits du cinéma des droits humains connaissent un grand succès, attirent des jeunes intéressés, avertis, politisés et habités par les valeurs universel les des droits humains appliqué s au Maroc, au service de la liberté, de la citoyenneté, de l’engagement et pour la justice sociale . Ces dizaines de jeunes garçons et de jeunes filles, lycéens et étudiants, qui viennent voir les films projetés sur la muraille, par cette belle nuit étoilée du mois de Juin, assis sur les marches du grand escalier et sur le plancher de l’esplanade, constituent d’année en année le public exigeant et fidèle du cinéma de qualité. Progressiste , créatif, ludique et engagé, cet exercice est porteur de leurs questionnements, de leurs espoirs ainsi que de leurs angoisses. Les films projetés et les débats qui s’en suivent se déroulent toujours avec la participation du producteur, du metteur en scène et de personnalités qualifiées sur l’objet et les enjeux du film. Les échanges sont animés, intenses et profonds. Bien encadrés ; conformément au déroulé de tou s les événements culturels de la bibliothèque nationale ; ces échanges se font en toute liberté, franchise, respect et éco ute. Les jeunes apprennent les prérequis de tout échange et la nécessité de connaitre les fondements du respect des idées et de la différence des conceptions des uns et des autres. Placés dans un cadre esthétique, propre, accueillant et exigent avec des réglementations claires et les prenant en considération, les jeunes sont les promoteurs de la réussite de cette expérience civile, associative conçue pour leur épanouissement, leurs loisirs et leur autonomie. Les droits humains au centre des nuits blanches du cinéma : De 2012 à 2016 ; année où j’ai quitté la direction de la bibliothèque ; cinq éditions ont connu un afflux considérable de jeunes qui débarquaient, joyeux et pleins d’enthousiasme , des voitures du « tramway » à la station « bibliothèque nationale ». Les thématiques choisies pour ces éditions exprimaient bien les attentes, les mots d’ordre, et bien entendu les rêves de cette jeunesse galvanisée par le besoin de se faire entendre et par les ambigüités que les messages des réseaux sociaux véhiculaient sur de ce que l’on appelle le « printemps arabe ». Les intitulés successifs suffisent à eux seuls à bien exprimer les engagements et la générosité de ces « nuits du cinéma ». Ils renseignent aussi sur les réalités, les ambigüités et les mythes de cette décennie. Avec le recul dont nous disposons aujourd’hui et à la lumière de l’évolution du monde en général et du Maroc en particulier, la réflexion sur cette expérience est opportune et instructive : – Cinéma et printemps arabe, – Cinéma et droits des femmes, – Cinéma et justice, – Cinéma et migration, – Cinéma et droits de l’enfants. Le regard sur les dix ans du cin éma des droits humains montre clairement la pertinence de ce choix, la bienveillance et la qualité de l’ engagement humaniste, civique et politique de l’ association des rencontres méditerranéennes du cinéma des droits humains. Driss KHROUZ. JUIN 2021.
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