L’enseignemnt fondamental
Le système de l’enseignement marocain comprend l’enseignement préscolaire, l’enseignement scolaire, l’enseignement collégial, l’enseignement secondaire, l ’enseignement supérieur et l’enseignement original.
L’étude de trois documents officiels qui viennent d’être publiés, va nous perm ettre d’analyser les cheminements du système marocain de l’enseignement fondamental :
Le bilan 2020 -2021 réalisé par le ministère de l’éducation nationale et du préscolaire publié en septembre 2021 ;
Le rapport national PISA -2018 (Programme international pour le suivi des acquis ) réalisé par l’instance nationale d’évaluation relevant du CSEFRS (conseil supérieur de l’éducation de la formation et de la recherche scientifique ) , publié en 2021 ;
Le rapport PINEA – 2019, (Programme national d’évaluation des acquis) publié en 2021 par la même instance.
Nous avons d’un côté une étude axée sur les données quantitatives relatives aux élèves, aux écoles, aux enseignants, aux cadres, aux instances et infrastructures et de l’autre des indicateurs de qualité et de comparaisons internationales des acquis et des performances.
Ces données sont significatives des caractéristiques du système soumis à des pressions démographiques énormes et à des demandes pressantes.
Malgré la baisse du taux de croissance démographique et le vieillissement de la population à moyen et long terme, les besoins en scolarisation et en emplois resteront p ressants pendant les deux décennies à venir.
Le « ventre « de la pyramide des âges est encore « trop gros «. L es capacités humaines, matérielles, financières, pédagogiques et scientifiques sont accaparées par la généralisation de la scolarisation obligatoire et l a mise en œuvre des réformes qui se succèdent sans forcément t oujours capitaliser et accumuler.
Derrière les réalisations importantes et indispensables en matière de généralisation de la scolarisation, notamment en milieu rural et de la jeune fille, se cachent des disparités énormes en matière d’acquisiti ons des savoirs et d’ inclusion sociale.
Au-delà des proclamations de circonstance, l es recrutements improvisés et les dégâts occasionnés par le coronavirus, les acquis restent trop faibles et graves sont les iniquités et inégalités sociales.
La qualité dans l’ enseignement est une exigence de moyen et lon g terme dans la durée, la continuité et l’ excellence. Les moyens financiers étant largement suffisants, le problème est politique, humain, pédagogique et scientifique.
L es pressions des conjonctures des rentrées scolaires improvisées sont incompatibles avec la qualité et la réalisation des performances internationales.
Les rapports nationaux ; PISA –2018 et PINEA -2019 ; convergent à travers deux approches complémentaires dans leurs conclusions et recommandations.
Le premier est basé sur une enquête nationale largement significative qui concerne les acquis des élèves de 15ans. La question essentielle concerne les niveaux de compétence dans trois domaines essentiels que sont la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les sciences.
« L’inclusion qui constitue un prérequis à l’équité et qui consiste à ce que tous les enfants puissent acquérir les compétences fondamentales essentielles, n’est pas atteinte par le système éducatif marocain ».
Le deuxième rappo rt interroge le niveau des élève s de la 6eme année primaire et ceux de la 3 eme année collégiale . C es deux niveaux sont essentiels dans la formation des bases de l’enseignement fondamental. L’étude prend en compte le contexte social et humain des apprenants, notamment dans le cursus scolaire et la mise en place du préscolaire. Le résultat est sans appel :
« Une faiblesse généralisée des acquis et des compétences linguistiques, mathématiques et scientifiques des élèves. »
Seule l’excellence des formateurs et des encadrants peut sauver le système à travers des prog rammes intelligents et adaptés, des méthodes axées sur l’ éveil, la responsabilisation, l’ intelligence et des pratiques pédagogiques de participation et d’autonomie.
La qualité des apprenants et leur insertion vertueuse dans la société exige l’excellence des cursus, des langues, des modes d’apprentissage et donc d’abord des formateurs.
Le pédagogue n’est pas un pompier. Le temps du pédagogue –formateur ne peut pas être soumis à celui du politicien. Le premier s’installe dans la durée, le second est éphémère .
Il n’est pas étonnant que les deux rapports d’évaluation – PISA -2018 et PINEA- 2019 révèlent un système massifié, sans co lo nne vertébrale et qui n e permet pas aux jeunes d’acquérir le minimum requis en savoirs fond amentaux.
Driss KHROUZ . 5 Mars 2022.
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