Politique

la méditerranée dans la multipolarité géopolitique mondiale

Rencontre annuelle du GERM. 25 novembre 2022. Driss KHROUZ .

Les dynamiques contradictoires des flux et reflux géop o li ti ques dans le monde connaissent des mutations nouvelles et s’ inscrivent dans des paramètres nouveaux et dans des contextes en mutations. La léthargie et le confort politique- mondialiste insufflé par la prédominance du libéralisme issu des Etats-Unis d’Amérique – Etat fédéral , acteurs politiques, multinationales et acteurs non – étatiques, tous conjugués au «  soft –power » américain – ainsi que l’adhésion sans réserve de l’Europe au modèle américain, sont de plus en plus contestés depuis deux décennies . Suite à la crise de la pandémie du coronavirus, au style paradoxal du président américain Trump, à l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en Chine et aux nouvelles stratégies offensives du président Vladimir Poutine, l’illusion d’un monde pacifié derrière l’ Amérique et la doctrine promue par les organisations in ternationales multilatérales a volé en éclats. A cet te fragmentation politique et culturelle du monde correspondent de nouveau x positionnements, de nouveaux rapports de force et de nouvelle s perspectives de hiérarchisation des puissances. A la guerre froide issue de la seconde guerre mondiale corresponde des réalités qui ont façonné un monde de confrontations et de menaces. A L’ équilibre de la terreur et de la paix « chacun sur ses gardes « instaurées par la détention d e l’arme nucléaire, des armes de destruction à grande échelle et à longues portées a succédé un épisode d’entente éphémère (la fin de l’Histoire di sai t – on alors ! ) . L’impl o s ion de l’union soviétique et l’é chec du rêve communiste et la conversion d e la Chine à l ’ économie de marché sous le contrôle politique global du parti unique en Chine, avec le président Deng Xiaoping , ont instauré un monde à trois étages géopolitiques régulés par des compromis et des cadres multilatéraux de négociations. La prédominance économique, financière, monétaire, militaire, scientifique, technologique, et l’attrait universel de «   the American- way- of -life », ont façonné le monde avant tout en fonction des intérêts de l’Amérique, de sa culture et de ses visions des autres. Cette physion omie est remise en cause. Les conflits mondi aux et les instabilités récurrentes et durables – les guerres du golf, les agressions de l’ Irak, les déstructurations de la Syrie, de la Libye, les explosi ons sociales et les révoltes désordonnées – impulsées dans les pays arabes en 2010 -2011, la tragédie de l’Afghanistan, de la Tchétchénie, le terrorisme, et les déstabilisations terroristes dans la zone sahélo- saharienne- ont fini par provoquer l’éclatement de ce consensus formel et fragile. Aux nouvell es prétentions géostratégiques, exprimées frontalement par le président Donald Trump, correspond ent de nouvelles stratégies nationale s et mondiales différente s l’une de l’autre, de la part du président XI Jinping en Chine et de Vladimir Poutine en Russie. La méditerranée, remise à jour à la fin du XXème siècle par les intérêts que suscitait le conflit israélo – palestinien, le poids énergétique des pays du golfe, les phénomènes migratoires, les trafics des ar mes et le terrorisme, a perdu de sa pesanteur. Elle ne pèse p lus dans les enjeux du monde. La méditerranée qui avait l es prétentions d’être un acteur et un sujet dans les rapports de forces entre puissances, à travers l’Europe et ses partenaires du Sud et de l’Est, a soudainement perdu de ses éclats. La méditerranée n’est plus sollicitée comme zone d’influence, comme point de pression dans les rapports de forces entre les centres qui se disputent le partage de l’hégémonie mondiale. La crise sanitaire et la course, à coups de milliards de dollars aux vaccins, la cri se énergétique mondiale, les menaces et les crises liées au réchauffement climatique et la guerre en Ukraine, au cœur de l’Europe, ont marginalisé la méditerranée dans le concert des pôles. La méditerranée s’est métamorphosée en caisses de résonnances disparates des tambours des grandes puissances. La guerre en Ukraine a démasqué encore plus les ambitions d’hégémonie de nouveaux pôles géostratégiques et le glissement de la matrice géopolitique mondiale vers l’ Asie –pacifique et vers l’Europe de l’ Est et du nord. Le président Barak-Obama est le premier à avoir fait prendre cette inflexion aux stratégies américaines en privilégiant l’axe Asie- pacifique. Les derniers évènements saillants qui ont pour théâtre la crise en Syrie, en Libye, dans les pays de l’Afrique de l’ouest et au Sahel, en Iran, en Afghanistan, en Corée du Nord, ainsi que la crise du coronavirus , la guerre en Ukraine, la crise des céréales et le rôle de la Turquie, les 8 milliards d’habitants dans le monde et la Cop27 en Egypte , montrent bien que la méditerranée pèse de moins en moins dans les enjeux géostratégiques dans le monde. Tout au plus, chacun des pays essaie de se positionner au mieux de ses intérêts immédiats. Ce sont ces idées clefs qui seront développées dans les trois axes que je propose : 1-Du monde hérité de la seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin : l’illusion d’un monde en détente sous le la superpuissance américaine. Le monde tripolaire de l’après seconde guerre mondiale. La fin de la guerre mondiale a façonné des puissances, des alliances et des organisation s internationales. L’organisation des Nations-Unies avec son conseil d e sécurité et ses multiples organisations spécialisées ont instauré des espaces de négociations, de délibérations et de compromis qui ont permis à la paix de la terreur nucléaire de ne pas se transformer en catastrophe mondiale et ont permis aussi de réguler les conflits, le commerce mondial et d’assurer des veilles multilatérales vertueuses. L’essentiel de l’architecture institutionnelle mondiale qui a permis la prédominance du multilatéralisme et la primauté de la négociation entre puissances dans un cadre utile, malgré ses limites, est né dès l’après seconde guerre mondiale. L’organisation des nations-unies et les institutions internationales spécialisées ont servi de cadre de concertations politiques et ont permis aux enjeux géostratégiques de trouver des issues et des de dégager des compromis pour les règlements des conflits et des crises Il y a le conseil de sécurité de l’ONU et f ace à l’OTAN il y avait le pacte de Varsovie . L’ implosion de l’union soviétique. La perestroïka et la Glasnost avec le président Gorbatchev et surtout la chute du mur de Berlin ont provoqué un tsunami inattendu dans sa brutalité et ses conséquences et ont totalement métamorphosé le monde soviéto-communiste. Le nouveau modèle politique, économique et sécuritaire élaboré progressivement et tenacement par le président Vladimir poutine ne peut se comprendre qu’en le situant dans ce contexte crucial des années 1993- 20 12 . A vec l’émiettement du bloc soviétique, le pacte de Varsovie s’est éteint. Les pays d e l’Europe centrale ont rejoint l’ OTAN et sont en majorité membres de l’union européenne, de l’Euroland et de l’espace Schengen  ; ceux qui ne le sont pas encore sont attente d’adhésion. Méprisée, marginalisée, considérée comme une puissance régionale de se conde zone, la Russie a été tétanisée par le vertige de la chute brutale, les luttes de pouvoir et l’obsolescence de ses capacités économiques, scientifiques et technologiques. La zone d’ influence de la Russie s’est progressivement rétrécie . L’OTAN n’en a pas moins continué à s’ élargir et à moderniser son arsenal offensif, jusqu’à accepter l’ adhésion de pays limitrophes et historiquement liés et reliés à l’histoire de la Russie . Les dernières négociations d’ adhésion à l’OTAN les plus explosives sont celles de l’Ukraine, de le Géo rgie, de la Bosnie-Herzégovine  ; C’est aussi le cas de pays restés longtemps neutres comme la Suède et la Finlande. Cet encerclement de la Russie par les pays membres du pacte de l’atlantique nord a suscité les réactions de la Russie de Vladimir Poutine :la Crimée est annexée par l’armée russe en 2014, récupérant ainsi u ne région dont Khroutchev (l’ukrainien) a fait don à l’Ukraine en 1954, dans le cadre de la puissante URSS . La Chine à la recherche d’ un autre modèle politique  : D e l’atelier du monde à un centre économique performant pour un rôle géostratégique mondial  dynamique . Les réformes économiques profondes instaurées sous la présidence de Deng Xiaoping ont positionné la Chine comme grande puissance économique, technologique , militaire et offensive sur les marchés extérieurs. Grande puissance économique, démographique et technologique, la Chine a les moyens de ses ambitions hégémoniques géostratégiques. Elle assume pleinement son rôle de grande puissance et autres. Elle investit dans de grands projets structurants, non seulement en Afrique , en Asie, en Amérique latine mais aussi e n Europe, aux Etats-Unis. Elle est de plus en plus leader dans les vecteurs de futur comme l’ espace , l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux et les algorithmes redoutables. C’est la deuxième puissance économique du monde. La crise sanitaire et les confinements liés à la crise du covid ont bien montré la dépendance des économies du monde de la puissance chinoise. Son taux de croissance économique et les indicateurs économiques, financiers, sociaux et sanitaires de la Chine sont des vecteurs qui tracent les trajectoires mondiales pour chaque catégorie ! Les remises en cause des enjeux et les nouvelles distributions de cart es. De nouvelles données et de nouvelles forces ont impulsé de nouveaux positionnements des puissances principales et secondaires dans le monde. Les nouveaux rapports de force et les stratégies engagées dénotent de remises en cause structurelles des positions en place. Tous les espaces de puissance sont sollicitées pour rebattre les cartes. Des distributions nouvelles sont en cours. Des chocs inédits sont visibles et des moyens extraordinaires sont mobilisés. Que nous réserve l’avenir si proche et si imprévisible ? 2- 1. Les doutes de l’Amérique sur sa puissance et la mise en œuvre de nouvelles str at égies  : Les Etats-Unis d’Amérique sont –ils en train de sortir de leur illusion d’invincibilité, de » l’économie-monde » et sont-ils capables d’affronter le doute paralysant qui les a ligotés depuis la fin de la présidence OBAMA ? Il semble que la crise a réveillé l’Amérique qui reprend appui sur ses énormes capacités financières, technologiques, militaires industrielles, culturelles et promotionnelles. Les GAFAMT (Google , Apple , Facebook , amazone,   Microsoft et twitter ), l’OTAN, les nouvelles technologies , les conquêtes spatiales, le système monétaire international et le p ositionnement en Asie-pacifique en sont des points d’appui redoutables. Avec la présidence de Joseph Biden, conforté par les élections de « midterm » (8 novembre 2022), les Etats- Unis renouent avec les cadres multilatéraux et essaient de retrouver les positions de leur hégémonie contestée auparavant. On le voit avec l a guerre en Ukraine, le retour agressif de l’OTAN, le G .20. Le G.7, l’OCDE et le conseil de coopération économique Asie- pacifique(APEC)  ; dont Barak Obama a renforcé le rôle po ur en faire un contrepoids aux avancées chinoise et russe. Ils investissent massivement dans les technologies avancées et hautement performantes comme le numérique, l’espace et les énergies renouvelables. 2-2. La force tenace, omniprésente et agressive de XI Jinping pour une Chine – pôle géostratégique mond ial en compétition avec les Etats-Unis d’ Amérique  : Le poids économique, la puissance technologique , militaire et la présence dans le monde  sont les paramètres de cette superpuissance chinoise. Les routes de la soie, les investissements dans le monde, les projets en Afrique, en A sie et en Méditerranée, l ’ offensive culturelle (centres Confucius , bourses d’études et de stages , universités. ) , sont des programmes ambitieux, transversaux et multipolaires qui permettent à la Chine de déployer ses forces, d’acquérir de nouvelles positions et de renforcer ses compétences et ses ressources. M algré ses offensives, ses relents du passé glorieux de l’empire tsariste et de l’ URSS, la Russie est empêtrée dans l’attaque de l’Ukraine et face à l’OTAN e lle n’a pas les moyens économiques, technologique s et militaires pour joue r le rôle de puissance et de pôle géostratégique mondial q ue Vladimir Poutine veut assumer à tout prix. Le PIB de la Russie est l’équivalent de celui de l’Italie. Ses armements sont obsolètes, son armée n’est pas à jour.  Son poids scientifique et technologique est loin derrière celui de la Chine et des Etats-Uni s. Sa démographie est un handicap et le niveau de vie des russes est encore faible. La Russie a de lourds «  débits historiques « au même titre que la majorité des pays méditerranéens . Toutefois et s ans pouvoir égaler la puissance du pole américain, secondé par l’Europe, ni celle du pôle Chinois, la Russie peut chahuter les deux superpuissances à travers ses points forts, ses capacités de nuisance, comme en Afrique et par ses alliances conjoncturelles avec les puissances régionales comme l’Inde, le Brésil, la Turquie, l’Afrique du sud, l’Indonésie et le Nigeria. L a guerre en Ukraine et les nouveaux positionnements de l’ uni o n Européenne  : les dilemmes de l’Europe. Saisie par le doute à la suite du «  B r exit « , l’union européenne s’ est ressaisie un moment sous le coup de la crise sanitaire et a r epris ses élans d’ approfondissement et d e politiques communes. Quoique fragile, la souveraineté européenne commence à prendre des contours créd ibles et audibles. La guerre lancée par la Russie sur l’Ukraine le 24 février 2022 a redynamisé les projets communs, notamment le levier de la souveraineté européenne, de la défense commune et de la diplomatie d e s convergences. Les effets de la crise énergétique avec la Russie, les différences de conception au sein de l’union, notamment entre la France et l’Allemagne, ont renforcé les divergences des intérêts et permis à l’OTAN et aux Etats-Unis d e se positionner comme les véritables maitres d’œuvre dans la défense de l’ Ukraine et le chef de file opposé à la Russie. Les européens, qui n’achètent plus le gaz russe , achètent le gaz de schiste américa in plus cher et au mépris des effets du réchauffement climatique et d u retour au charbon comme source d’énergie ! L’avènement de gouvernements issus de partis populistes et eu rosceptiques n’est pas non plus en faveur de plus d’ Europe dans un pôle mondial commun autonome. L’Europe n’est pas un Etat centralisé , elle n’est pas un Etat décentralisé , elle n’est pas non plus u ne fédération d’Etat s ; elle n’est pas un Etat. Elle est le résultat d’un marché commun né en 1959. Elle est un projet volontaire entre ( 28- 1) Etats qui se sont unis au fur et à mesure sur des projets et des positions communes négociées . Belle aventure née de la violence de la seconde guerre mondiale, l’U.E un modèle . Elle n’est pas une puissance mondiale en soi. Quand tous ses pays sont d’accord sur une politique, un programme, alors elle se comporte comme pôle de puissance stratégique mondiale . Quand il y a unanimité sur les décisions elle pèse dans les enjeux géostratégiques, dans les cas contraires elle est un e espèce de serpent politique de mer. Son influen ce sur le monde est déterminante et elle concerne directement les enjeux politiques et stratégiques en méditerranée occidentale . Ses choix et ses actions lors de l a crise sanitaire, de la crise en Ukraine, de la crise énergétique, des crises des migrations , démontrent l’efficacité de ses ressources et de ses décisions. Ses engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique, pour les énergies alternatives non polluantes, pour le développement cyber- sécurité commune, en font une puissance mondiale . Elle a pu acquérir son « autonomie stratégique ». En politique extérieure et en défense, elle n’est pas une puissance homogène en tant que telle face aux deux pôles principaux et même à la Russie. A travers l’OTAN notamment, elle est sous le couvert de l’Amérique. La boucle géostratégique est bouclée. Vis-à-vis de la méditerranée, l’union européenne est le partenaire le plus engagé et le plus proche. Elle est le seul bloc avec lequel des projets d’envergure ouverts sur le monde peuvent se faire dans la durée et dans les intérêts des uns et des autres bien compris. Du côté de l’Afrique méditerranéennes, un constat amer s’impose  : Au fur et à mesure de ses dynamiques institutionnelles et territoriales, l’Europe est de moins en moins méditerranéenne ! La méditerranée divisée dans le monde fragmenté autour des deux pôles dominants : Passées les décades de la présence politique et médiatique avant les années 2001 à 2010, la méditerranée, divisée et affaiblie ne figure plus sur le tableau de bord de la géostratégie mondiale. 3.1. La précarité de la méditerranée géopolitique : La méditerranée n’a joué des rôles importants tout le long du XX eme et au XXI eme siècle que dans les enjeux inter et intra- puissances mondiales. La méditerranée n’a pas d’ autonomie politique et géostratégique, elle est une caisse de résonnances des rapports de forces dans le monde. Les positions des uns et des autres pays n’obéissent qu’aux impératifs nationaux, il n’y a pas d’espace s de concertations appropriés. Les projets, salués de temps à autre par ci- par-là à coups de propagande, ont aussi éphémères que les moyens prévus pour les réussir. Les relents nationalistes, identitaires et territoriaux obstruent toute perspective de coopération durable et sont souvent u tilisés pour diviser et reporter les tensions internes sur le voisin désigné comme coupable des incuries internes des responsables politiques. D ans la majorité des pays la question de la démocratie, des libertés individuelles , du bien-être des populations ne se pose qu’à la marge , d’autres voies de légitimation sont sollicitées , leurs impacts montent leur manque de légitimité. 3- 2 . Les perspectives énergétiques alternatives, numériques, cybernétiques, sécuritaires et culture lles, réduisent le poids et les influences des pays méditerranés . Dépendance scientifique ; Dépendance technologique ; Economies désarticulées ; Pauvreté, inégalités sociales, Instabilité politique et manque de projet de société ; Acteurs non-étatiques marginalisés, Libertés individuelles réduites ; Absence de contre-pouvoirs autonomes et crédibles ; Homogénéité artificielle et lutte contre les diversités culturelles et religieuses. Politiques énergétiques rentières et destructrices de la nature, de l’environnement et contribuant à la dégradation climatique. La méditerranée ne pèse pas lourd ans les contrepoids à la bipolarité mondiale. Les m arges de manœuvre de la Russie, le Brésil, la Turquie, l ’Inde et l’Afrique du sud et les pouvoirs d e négociation des pays méditerranéens individuellement dans les balanciers politiques du monde ne peuvent pas façonner, même à terme, des configurations géostratégique s de la méditerranée. Il y a une pluralité de Méditerranées, d’Afriques, d’Amériques, d’Europes, d’Asies et d’ Océanie mais à l’opposé des autres sous-espaces politiques, il n’y a aucune velléité d’autonomie géopolitique durable en méditerranée ! Pourtant les enjeux dans lesquels des sous-espaces méditerranéens peuvent émerger et mutualiser leurs compétences et leurs atouts sont multiples et stratégiques : Energie  ? Sécurité ? Enjeux écologiques et environnementaux ? lutte contre le réchauffement climatique ? Démographie ? Pont entre l’Afrique et l’Europe ? En conclusion : Telle que les variables géostratégiques se présentent et évoluent , la méditerranée ne semble pa s être un projet politique émergent et convergent. La méditerranée est-elle condamnée à n’exister politiquement qu’ à travers les appoints que ses pays apportent, chacun de son coté à l’ une ou l’autre des puissances mondiales ou régionales ? L’illusion politique créée un moment par le partenariat euro-méditerranéen et encore plus par l’union pour la méditerranée (UPM) , est-elle à jamais perdue des registres des possibles ? L’avenir le dira peut-être. Du domaine du possible est le projet ambitieux et fécond que l’Afrique méditerranéenne soit une structure de convergences industrielles , culturelles, et des énergies vertes et alternatives entre l’ Europe et l’Afrique saharienne. Il y a plusieurs méditerranées comme il y a plusieurs Afriques. D e s projets leaders devraient émerger dans ce sens et des risques devraient être pris. C’est le pari que fait le Maroc à travers son ouverture sur l’Afrique de l’Ouest, sa demande d’adhésion au projet de la zone de libre-échange continentale africaine( AZLECAF) , le gazoduc Maroc-Nigéria et le « partenariat vert «  avec l’union européenne .

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