La pandémie du coronavirus RAM
La pandémie du coronavirus-covid 19 a totalement bouleversé brutalement les règles de fonctionnement des sociétés dans le monde entier. Non seulement les systèmes de santé , y compris dans les pays riches , sont mis à mal mais tout le s fonctionnement s des populations et des économies sont déstructuré s et altérés. L’arrêt de la quasi-totalité des activités locales , nationales et internationales, l’urgence sanitaire, les couvre-feux et le confinement se généralisent. Danger invisible, le virus n’obéit à aucune barrière ou frontière. Assommé , le monde réagit dans la stupeur, la précipitation et souvent dans l’ improvisation . Non connu dans sa forme apparue en Chine à la fin de l’année 2019, le covid 19 se propage dans tous les pays et peut toucher toutes les populations . Le confinement obligatoire et l’ arrêt immédiat de tout , et presque partout , interpelle et renvoie chaque humain face à lui –même et le secoue à maints égards. Les paroles se libèrent, de nouveaux comportements apparaissent, de nouvelles formes de communication, de travail, de voisinage, de pouvoir , de contrôle, de vivre et de vivr e avec ou à cô té apparaissent. Ce paysage inédit pose question . La crise provoquée par le covid-19 nous a soudainement éloigné s les uns des autres par l’annulation des rencontres, des réunions, des activités de groupe, des voyages, des vacances, par les sorties minimales et contrôlées, par la peur de la contamination et par la vie solitaire ou réduite , chacune et chacun confinés chez soi. Cela bouleverse les habitudes des personnes, impose de nouvelles contraintes et nécessite de nouvelles ressources intérieures et psychologiques sans cesse sollicitées chaque jour et chaque soir pour vivre sans tensions, sans violence , assurer l’équilibre des siens , surtout parents âgées et enfants en bas – âge qu’il faut accompagner dans leur scolarisation à domicile et à distance. Ce sont de nouveaux modes de vie que subissent les gens. D’un côté le coronavirus nous a éloignés les uns des autres ; d e l’ autre côté il a créé de nouveaux liens par l’usage de plus en plus universel des communications , par les téléphones portables et leurs formules variées d’adaptations aux usages , par la domestication de l’internet et par les réseaux sociaux. Le plus remarquable ce sont aussi toutes les formes de solidarité qui se multiplient spontanément pour venir en aide aux plus démunis et aux plus fragiles . les Etats – comme le cas du M a roc -, et à des degrés différents , ont dû prendre en charge non seulement les fonctions régaliennes conventionnelles mais aussi des actions de soutiens aux profits des travailleurs réd uits au chômage technique brutal et sans préavis , des toutes petites activités et des person nes à fa i ble s resso u rces ou sans ressource s. Serait – c e le retour de l’Etat interventionniste chassé par la mondialisation financière ultra-libérale au N ord et à l’O uest, comme à l’Est et au S ud ? Le confinement, l’extension des espaces de besoins et de pauvreté, comme la solitude des personnes âgées, malades, vulnérables , en précarité et en détresse, ont impulsé des élans de civisme, de solidarité, de générosité, de présence aux autres et des vo ies inédites si vertueuses et touchantes de reconnaissance, de partage, d’humour , d’autodérision, de dons, de gratuité s et de créativités. En cela et par tout e s ces prouesses encore balbutiantes, le C ovid 19 nous a rapproché les uns des autres. Il a surtout démontré avec force et sans conteste la gravité des situations d e marginalité, de précarité, de pauvreté et d’indigence informatique, numérique, visuelle et a mis à jour la gravité des situations des mal-logés, des analphabètes, des montagnes et des mal lotis en revenus assurés, en hygiène et en esp a ces minimum de cohabitation en confinement. Quelle est la proportion des parents marocains qui disposent d‘un minimum de connaissances et de moyens en visio-conférences ou autres WhatsApp pour encadrer la scolarisation à domicile de leurs enfants en bas âgé ? Tout cela sera et est déjà retenu et codifié par nos mémoires, par les sciences et par les multiples savoirs qui réfléchissent sur les faiblesses, les lâchetés ainsi que sur les forces et les grandeurs des humains, face au danger, face à la maladie, face aux angoisses de l’inconnu si redoutable et si redouté. Des œuvres culturelles, musicales, des bibliothèques numériques, des collections numérisées des musées sont mises en ligne gratuitement . D es artistes chantent des merveilles et en font don. Des donations d’argent se font sur la toile, des bénévoles se mettent au service des autres, des p e rsonnels de santé s’engagent aux risques de leurs vies pour sauver la vie des autres, d es jeunes personnes, au Maroc et ailleurs, consacrent une partie de leur temps, de leur énergie et prennent des risques pour venir en aide, être présentes, et permettre à des vielles personnes vivant seules d’avoir un minimum de ressources et de présence. Des réflexions et des échanges multiples montrent que la préoccupation et l’introspection sur la préservation des équilibres de l’environnement et de la nature sont de plus en plus pris au sérieux comme exigence pour la survie et la sécurité de notre planète . Ces nouveaux canaux de communications, de partage, de solidarité, de voisinage, ces nouveaux liens sociaux en somme peuvent augurer d’une autre façon de vivre, de consommer, et de penser à l’Autre. Ils signifient en tout cas que l’humain est porteur d’énormes potentialités , des promesses de générosité, de solidarité, d’espoirs et de vertu s que de graves crises comme le Coronavirus pe uvent mettre à l’épreuve et /ou donner l’opportunité de se dévoiler et de se réaliser de façon volontaire et spontanée. Le confinement chez soi a développé de nouvelles façons de vivre et de bénéficier de la culture. Cette crise pousse les gens à utiliser les moyens énormes du numérique, de l’audio, du visuel et de l’ électronique non pour des usages éphémères comme c’est souvent le cas dans les réseaux sociaux, mais pour apprendre, connaitre, transmettre à ceux que l’on connait et que l’on ne connait pas des œuvres littéraires , artistiques, cinématographiques et autres. Le temps à soi et l’obligation de rester chez soi et face à soi favorise cette culture pour soi et à domicile. Cela va probablement ancrer chez certains les attraits énormes de la culture chez soi et pour soi. Les obligations du confinement von t créer chez beaucoup de perso nnes cette obligation de ne pas subir le verrouillage des espaces et les pousse r à aller au fo nd d’eux-mêmes , à la recherche de l’essentiel. La culture est dans l’essentiel , elle est la clef de l’essentiel de notre humanité. C’est cette d iscipline imposée qui peut se révéler chez un plus grand nombre de personnes qui savent au préalable ce qu’est la culture. Peut -elle les accompagner , quand elle n ’ est pas prise comme un passetemps p endant la « prison du confinement » et une thérapie contre la solitude et l’oisiveté ? Si la culture chez soi sert à faire « passer le temps » et non un besoin d’ épanouissement personnel, elle ne résistera pas chez la majorité des personnes aux retours des ivresses du quotidien, de l’information superficielle, de l a frénésie des loisirs et des gadgets jetables, en guise d’émotion, de sensibilité, de création, d’intelligence intime et des richesses des cultures et des ouvertures bienveillantes sur l’Autre. Bien sûr que le besoin de vivre matériellement la culture avec les autres va revenir en force et c’est normal et souhaitable. L’être humain ne vit et ne vaut qu’en milieu social. S’il devait se prolonger, le confinement va créer des traumatismes individuels et collectifs durables et des situation s intenables et insoutenables. Mais c hez beaucoup de personnes , il aura créé et révélé des potentialités énormes et ouvert des horizons féconds : par la culture, la découverte ou la redécouverte de la vie en famille, l’écoute de soi et des autres, et la prise de conscience de la futilité en somme des pouvoirs de l’argent, de l’ égoïsme et de la recherche de la puissance à tout prix. L’avenir de la culture chez soi et de la culture avec les autres et en partage va-t-il pouvoir révéler , chez beaucoup , les attraits des forces intérieures de chacun, les bienfaits pour tous des liens sociaux et l’appropriation de ce qui fait son humanité ? La gravité foudroyante de cette pandémie a tout arrêté et sans répit. C omme toutes les manifestations publiques, le festival de Fès des musiques sacrées du monde est touché : son édition 2020 est annulée alors que tout le programme était prêt, les contrats avec les artistes négociés et la vente des bille t s , sur internet et autres moyens numériques , a vait bien commencé depuis fin février. Que peut- on proposer aux publics des musiques spirituelles de Fès e n attendant le mois de juin 2021 ? Il sera difficile d’organiser une édition de rattrapage 2020, les vacances s’organisent à l’avance chez la majorité des visiteurs de l’extérieur et les artistes ciblés sont peu nombreux et très sollicités deux à trois années à l’avance. Une bonne idée qui nous a été suggérés e s t de diffuser , entre le 12 et le 20 Juin 2020, sur une ou deux chaines de télévision marocaines ou française , des grands spectacles de l’édition 2019. Les captations existent, des conventions ont é té signées avec des chaines. Ce rappel culturel et ludique permettra , pendant la période prévue pour le festival , de rappeler sa grande qualité de spectacles, le grand enthousiasme des publics et cette magie sereine de B ab -Makina , de J nane sbile et autres riads de Fès les nuits d’été.
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