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8 mars, droits des femmes.

Point de vue 2 M. Driss KHROUZ.

Des droits des femmes.

Je suis favorable à la fête, à toutes les fêtes, elles expriment la joie, le bien-être et la convivialité partagée.

Le 8 mars est d’ abord la journée internationale pour les droits des femmes. Chaque personne, chaque composante de la société, chaque société et chaque Etat doivent en prendre acte pour regarder bien en face ce qui doit être réalisé, ce qui est réalisé et surtout se regarder à travers cette question. La question des droits des femmes et de leur place dans toute soc ié té est le miroir incorruptible à travers lequel une société transparait telle qu’elle est concrètement dans les réalités et par les comportements, en somme dans la vie ordinaire . Ce miroir peut paraitre déformant, en fait c’est le regard porté qui est défiguré. Les refuges, les refus, les dominations et les alibis de confort sont des   catalyseurs qui donnent d’une société l’image qu’elle veut se donner ; tout le reste c’est de l’ habillage , des maquillages et des vernis.

En relisant un certain nombre d’études et rapports sérieux sur les valeurs dans la société marocaine, j’ai remarqué que beaucoup de choses sont dites à propos des inégalités homme- femme, de l a situation marginale des femmes e t des injustices dont elles sont victimes .

Ce n’est pas nouveau, c’est universel. Le problème c ’est quand des situations graves sont ignoré e s, minoré e s , refoulé e s, justifié e s et admis es comme des évidences pour la collectivité . On ne p eut tout admettre sous couvert d’habitudes générales et du fameux « tout le monde le fait » !

La grande anthropologue Germaine Tillion a bien montré que des questions liées à la femme telles que l’héritage , la tutelle des enfants, le travail, l’avortement, le divorce, le mariage, l’autonomie et la place dans le milieu social sont aussi vielles que le monde , notamment en Méditerranée .

Beaucoup d ’interrogations restent posées à ce propos au Maroc depuis la promulgation du code de la famille en 2005. 

Des avancées sont réelles, des mesures législatives, institutionnelles et civiles sont bien engagées. Un débat politique et sociétal existe.

Malgré tout cela et grâce à ce qui est fait, ce qui reste à réaliser est urgent et essentiel.

Au Maroc, s eules 64% des femmes actives occupées ont un emploi rémunéré. Toutes les régressions sociétales handicap ent d’abord les femmes ; le taux d’activité des f emmes est en grave régression, 21% en 2022 (30 % en 2000), 8 femmes sur 10 sont exclues du marché du travail….

Malgré les mesures et les outils mis en place, la violence et les agressions dont les femmes sont victimes ne diminuent pas ; elles étaient flagrantes pendant le confinement sanitaire. Ces violences s’ adaptent aux NTIC, 1 9% des femmes les ont subies en 2022. Malgré le poids des tabous, au moins 1 femme sur 20 est abusée sexuellement dans l’enfance, souvent par un proche.

La question de l’ avortement doit être débattue pour éviter les drames des avortements clandestins. La tutelle des enfants, le mariage, le divorce, l’égalité dans tous les domaines , doivent trouver des issues dans le contrat social marocain et apporter des réponses qui respectent la dignité et la liberté des femmes .

«  La femme est en fait piégée par le poids historique des rapports sociaux » , rapports sociaux largement perpétués par la domination des hommes sur les systèmes.

A l’aune de quelles valeurs doit-on regarder les droits des femmes aujourd’hui au Maroc ? Ce questionnement n’est pas de nature académique et n’est pas une simple question d’avis et d’opinion . Il ne suffit pas d’évoluer tout seul, on évolue en comparaison à d’autres sociétés.

Quelles sont les références déterminantes aujourd’hui en termes de valeurs  ? Celles d’une société moderne ou bien celles d’une société désarticulée et archaïque, de domination, d’exclusion, d’injustices et de violence ? Tout peut être justifié dans un sens ou l’autre et tous les supports idéologiques peuvent être évoquées et réinterprétées au gré des tendances. Le débat est d’essence politique et sociétal e en premier lieu .

Les « traditions » d’aujourd’hui sont des réalités et des récits d’un certain passé, elles ne valent que dans le contexte qui les a engendrées et portées. Les réalités et les aspirations de nos jours s eront les traditions de demain.

En quoi une tradition peut-elle être décrétée comme sacrée quand elle ne touche pas les piliers des croyances et qu’elle est le reflet historique d’une société donnée à un moment donné ?

Dans une société civile le problème est d’ abord celui du choix du projet de société porté par la constitution les loi s , la liberté individuelle, la cohésion sociale, le bien- être, l’harmonie et la sécurité. Tout le reste se négocie par les institutions politiques et civiles . C’est là u ne autre conception de la politique , seule matrice d’une société.

Le 8 Mars 2023.

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