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VINGT ANS APRES L’INVASION DE L’IRAK ET ALORS  ?

Point de vue 2.M. Driss KHROUZ.

Le 20 mars 2003, les Etats-Unis d’Amérique ont lancé l’opération dite « liberté irakienne », en l’absence de toute résolution du conseil de sécurité et de l’assemblée générale des Nation- Unies, avec la participation du Royaume uni, de l’Australie et accessoirement de la Pologne. Les Etats-Unis avaient obtenu l’aval et des contributions variées d’une coalition de 49 pays. Baghdad est prise le 9 avril de la même année et le président Saddam Hussein renversé, capturé et exécuté. Sa statut imposant e érigée par le parti Baas est abattue . Sans revenir aux péripéties de cette invasion, et au- delà des caractéristiques du régime autocratique de Saddam Hussein, retenons quelques étapes dont les effets sont durables et l’impact encore pesant aujourd’hui : – Cette invasion constitue le prolongement logique de la   «  tempête du désert » suite à l’agression du Koweït par l’Irak en 1991.Elle a précédé et conditionné « operation Iraqi freedom  » ( OIF) qui s’est vite substitué à «   operation Iraqi libération  » retenue par les médias comme l’opération OIL (lisez pétrole ) ! Entre les deux invasions il y a eu évidemment les attentats du 11 septembre 2001 qui ont bouleversé de fond en comble les paramètres sécuritaires, politiques et géostratégiques du monde. Lancée pour «  instaurer la démocratie en Irak  », cette invasion a été just ifiée par « la guerre globale contre le terrorisme ». Des mensong es avérés ont été présentés pour la rendre légitime. A la tribune de l’ONU et dans les médias elle est ressassée comme une riposte de la « communauté démocratique mondiale » aux graves menaces que représentaient les armes irakiennes de destruction massive, chimiques et nucléaires , alors que le pays était soumis à l’embargo décrété par l’ONU pour lui imposer des mesures draconiennes de contrôle s , d e désarmement et d’inspections d e son arsenal militaire. – Renommée » operation new aube  », elle s’achève officiellement le 19 avril 2010. Les recettes des exportations des hydrocarbures contrôlés par les USA étaient destinées à financer les reconstructions des infrastructures, des exportations de pétrole et l’instauration de la « démocratie » . Le retrait des armées américaines de l’Irak, à l’ aune des rév oltes dans les pays arabes en 201 1 et leur retrait catastrophique de l’ Afghanistan , son t des marqueurs forts des enjeux géostraté giques qui conditionnent les rapports avec la Russie, avec la Chine ainsi que les drames de la gue rre civile et de l’intern ationalisation des ingérences extérieures en Syrie. -Les raisons avancées par l’administration du président Georges Bush d’éradiquer le «  terrorisme islamiste  » se sont avéré non convaincantes. La destruction des structures sociales de l’Irak et les humiliations des populations ont largement contribué à l’élargissement et à l’internationalisation du terrorisme avec Daech (antérieurement Etat islamique en Irak et au levant). – Le manque de vison stratégique et l’indigence des enseignements tirés de la guerre entre l’Iran de Khomeiny et l’ Irak soutenu et armé par les pays occidentaux entre 1980 et 1988 sont étonnants de la part des protagonistes concernés de part et d’ autre ! – L’Irak est démoli ; les guerres fratricides et les insurrections rythment la société éclatée entre les ethnies , les appartenances et les confessions. Les puissances étrangères, longtemps contenues par les services secrets et l’autoritarisme de Saddam Hossein, se partagent et se disputent les inf luences et les positionnements, l a Turquie et surtout l’Iran en tête. – Portée par la défaite sunnite en Irak, l’Iran conforte, consolide ses influences et déploie ses réseaux en Irak, en Syrie , au Yémen et bien sûr au Liban. Son chiisme, ses services de renseignent , ses milices et son hizbou-allah , sont des leviers redoutables qui lui ont permis de se positionner sur l’échiquier mondial comme puissance régionale, bientôt seule détentrice, avec Israël, d e l’arme atomique au Moyen –orient. -Les trois puissances régionales que sont Israël , la Turquie et l’Iran , don nent le tempo à toute la région et favorisent instabilité et ingérences multiples en fonction de leurs propres in térêts. La Chine , qui avance ses pions et affûte ses atouts, se positionne en puissance alternative . Les postures par rapport à l a guerre en Ukraine aujourd’hui ne sont pas étrangèr e s à toute cette stratégie occidentale en domino qui concerne l’Afghanistan , l’Irak, la Syrie, l’Iran, la Libye et la politique de colonisation d’Israël . Le déficit de crédi bili té de cette stratégie contribue grandement à l’éclatement géostratégique dans le monde, à la défiance du « grand sud » vis-à-vis de l’occident et à la cristallisation des enjeux autour des positionnements ravageurs des «  ennemis complémentaires ». Rabat le 30 mars 2023.

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