Chronique,  Point de vue sur 2M

L’ONU en question

La 77 è me assemblée générale des Nations Unies a ouvert ses sessions le 13 s eptembre à son siège à New-York.

Le contexte est particulier, l’ambiance est chargée, pesante . L a géostratégie mondiale est aux abois, les experts dans le brouillard et les concepts sont en creux.

Au t ant l’agenda fixé par les services du brave et généreux secrétaire général Antonio Guterres est ambitieux, complet et cohérent, autant la réalité est autre  : elle est ailleurs. Tous les repositionnements sont en cours, en mutation, en expectative, aux aguets .

Outre la séance plénière des chefs d’ E tat, de gouvernement et des représentants permanents,   les deux projets  «  le moment  sur les Objectifs de développement durable  » (ODD) et « le sommet sur la transformation de l’Education », s’inscrivent dans les préoccupations mondiales pour réduire l es pollutions , les catastrophes climatiques à travers les programmations  des différentes conférences des parties ( COP ) et poursuivent l’objectif d’ obtenir des résultats substantiels dans le monde à l’horizon 2030.

C’est par la lutte contre les dérèglements climatiques, sous les effets des réalisations agricoles, industrielles, énergétiques et chimiques, que le monde peut sauver la terre des cataclysmes déjà en cours et programmés.

L’Education est à réinventer dans ce dessein pour mieux former les esprits, les actions et agir dans le sens d’ u n développement durable, solidaire et partagé.

La session politique qui a vu la participation de 125 chefs d’ E tat est attendu e. Elle constitue un moment nécessaire, important ; elle ne peut pas faire de miracles, elle n’est pas programmée pour cela.

Le Maroc est présent en force et en qualité à cette 77 è me session .  Les dossiers sont bien préparés et la visibilité assurée . Malgré le temps de rigueur de 4 minutes imparti à chaque intervenant dans le « sommet sur la transformation de l’Education » , il est opportun pour le Maroc d’exposer la réforme dans ce levier vital. Quand parlerons-nous des réussites engrangées effectivement dans ce domaine et pas seulement des projets et des textes adoptés ?

L’organisation des Nations –unies n’est pas un parlement e, elle n’est pas non plus un gouvernement du monde. Elle constitue d’abord une occasion pour les E tats réunis ensemble de se parler, en s’écoutant ou non , de négocier dans les coulisses et de tester leurs poids géopolitiques , les pes anteurs de leurs partenariats ainsi que la crédibilité de leurs alliances et l’efficacité de leur «   lobbying  ».

L’ONU est le produit des négociations pour des paix sous l’ effet des désastres engendrés par la S econde G uerre mondiale. Elle s’est substituée à l’impuissance de la Société des Nation s, née de la P remière G uerre mondiale.

Le conseil de Sécurité, composé des cinq grandes puissances victorieuses de la guerre cont re les p uissances de l’ A xe ( Allemagne nazie, l’ Italie fasciste et le Japon impérialiste), en est l’épicen tre et la matrice des décisions détermin an tes. Lorsque ce sont l es membres de ce «  disque dur  » de l’organisation qui sont en conflit, il y a crise. C’est précisément le cas.

Les menaces sont considérables , les rapports de force et les chantages réciproques sont à leur paroxysme .

L ’invasion de l’ Ukraine par la Russie n’en est qu’un épiphénomène , certes grave ; c e n’est que le fond qui re monte à la surface (pour paraphraser Victor Hugo ) .

Nous l’avons dit, la géostratégie n’est pas une écume du jour, elle est une lame de fond.

Tout est processus, dialectiques et forces contradictoires des intérêts .

Il y a des représentants d’ Et ats qui voient loin et d’autres qui voient court.

Tout cela remonte au cataclysme qui a métamorphosé le monde avec l’ implosion de l’ U nion soviétique ent r e 1989 et 1993 et la métamorphose totale de la Chine.

G orbatchev , un des artisans de cette métamorphose avortée, inachevée vient de mourir dans l’ indifférence totale et ingrate  ; lui le ma î tre d’œuvre de la Perestroïka et d e la Glasnost   , pour nommer s es initiatives fortes et courageuses pour sortir les r usses du totalitarisme stalinien vers plus de transparence , de bien – être et de liberté.

A-t -il été aveuglé, lui aussi, par les mirages de la fameuse globalisation libérale ?

La Russie refuse , à juste titre et maladroitement, l’enclavement qu’on veut lui imposer ; Poutine est un revanchard , un chef autoritaire nostalgique de la Russie tsariste.

La Chine est la puissance de tous les superlatifs, les vertueux comme les vicieux.

Les Etats –Unis se battent pour leur leadership mondial libéral.

L’Europe se fraie une place dans ce chaos orchestré.

Les autres  ? … les a utres font ce qu’ils peuvent et souvent ce que d’autres leur assignent ou bien leur offre nt ; et de concertations en alliances ils se cherchent des étincelles de lumière mondiale !

Malgré ses menaces, P outine ne pourra pas avoir recours à l’arme nucléaire qui sera fatale pour tous à commencer par la Russie . La Russie ne veut pas le cataclysme  : elle est aussi impérialiste que les autres puissances.

«  La guerre enfante tout  » comme dit le proverbe grec antique !

L’ONU i nu tile ? O h  que non ! Elle ne peut réussir que ce qui est consacré dans les actes de sa création et de son évolution . Elle absorbe , négocie, amortit et temporise. Faute d’apporter le meilleur , elle cherche le mieux et essaie d’éviter le pire.

Je suis persuadé que l e monde ne va pas plus mal qu’avant  ; il n’est pas pire , Il est même m ieux. Effectivement , la lisibilité et la visibilité ne sont pas toujours évidentes ; tout devient plus urgent , plus immédiat, plus amplifié, plus vaste et manipulable à des échelles incon nues depuis le début de l’ humanité.

Qui a osé clam er que la globalisation est un long fleuve tranquille ?

Driss KHROUZ

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