l’inextricable impasse israelo-palestinienne validée
Point de vue 2M. Driss KHOUZ. L’inextricable impasse israelo-palestienne. I l ne peut y avoir de gloire par la guerre, il ne peut y avoir non plus de victoire définitive . Toute guerre signifie l’ échec de la paix. La paix c’est la vie et la guerre sa négation. S’ Il y a une situation où la culpabilité, l’émotion, l e désarroi et l’ irrationnel guident les opinions et l’ action c’est bien le conflit entre la Palestine et Israël . S’ habituer aux injust ices, légitimer les violences, les usurpations des droits et la colonisation ne trouve et ne peut trouver de légitimation dans aucune référence ni politique , ni religieuse , ni culturelle, ni idéologique. L’ histoire ne va pas à reculons, elle ne fait pas marche arrière. Elle peut être falsifiée et déformée ; elle est toujours réécrite par les vainqueurs, et les usurpateurs, elle marque alors le pas ; mais elle ne peut pas être occultée dans la durée. La résolution des problèmes , aussi graves soien t-ils , ne pe ut pas avancer en mettant face- à – face les deux extrêmes religieux radicaux que sont le mouvement Hamas d’un côté et le gouvernement d’extrême droite israélienne de l’autre. L’enfermement à ciel ouvert des populatio ns, les vengeances collectives et de masse ainsi que les massacres des innocents civils (quels qu’en soient les auteurs) s ont intolérables et sont une violence con tre toute notre humanité. Mais s ’ arrêter à ce niveau d’analyse renvoie aux rapports de forces et justifie leurs confrontations . C’est alors le règne de l’émotion, de la rancœur, de la haine, du rejet et le recours à la violence comme seule issu e ; or elle n’en est pas. Le seul recours c’ est la justice, le compromis et le respect de la vie. La ju stice est la matrice de la sagesse. La sagesse c’ est d’abord le compromis et l’exclusion des extrêmes, des rancunes, des usurpateurs et des dominations . Un compromis est la rencontre de concessions réciproques allant vers des choix alternatifs où il n’y a pas de vaincu, même si personne n’est totalement vainqueur. Terrib le épreuve de retenue, de vues à long terme et d’humanisme. Seules des élites éclairées et sages peuvent y parvenir si on prenait la peine de les écouter et de les valoriser. Les accords de camp David, de Madrid et d’Oslo ont été combattus. Ils ont été médiatisés et parrainés pour des besoins politiciens conjoncturels, tout en encerclant et en décrédibilisant les forces en présence adeptes de la coexistence de deux Etats vivant en paix et en sécurité . Comme dans le cas d’ un Liban démocratique et séculier, ni les grandes puissances ni les Etats voisins n’ont jamais voulu d’un Etat palestinien séculier, multiconfessionnel, pluriculturel, démocratique et stable ! Un Etat pa lestinien démocratique, ouvert à toutes les religions, inscrit dans la tradition humaniste de Jérusalem, serait un camouflet à tous les totalitarismes théocratiques ambiants. Il fut un temps, pas si lointain que cela, avant 1979 (ère Khomeiny) un palestinien ne se présentait jamais comme musulman, chrétien, juif, agnosique ou autre ; il est palestinien point final. Les sionistes fondateurs d’ Israël rêvaient d’un foyer laïque, socialiste et démocratique, pas d’un refuge pour des exaltés religieux extrémistes, revanchards, enfouis dans leurs propres narrations mythologiques mortifères . La seule référence légitime, possible, faisable est celle-là qui est codifiée dans les résolutions des Nations – unies. On ne pe ut plus corriger les graves fautes des puissances coloniales dans les découpages des Etats au Moyen-Orient, dans des régions où elles ont maintenu vivaces les séquelles des despotismes antérieurs et les germes des discordes, des querelles, des guerres et d es haines tribales. Le manque de perspectives viables et l’obstruction des horizons d’espérances, alimentent le terreau des extrémismes qui veulent chacun, au détriment de tous les autres, imposer et faire régner la terreur au nom de leur pseudo- vérité. C’est par la supréma tie des ignorances que le choc d es vérités relatives refuse les aut res et les ni e en vue de les détruire. La responsabilité politique , historique et éthique incom be aux puissances du conseil de sécurité . La solution à deux Etats, décidée depuis 1948, n’a jamais pu être imposée à Israël et semble être tombée dans l’amnésie chez la plupart des acteurs. En imposant un statuquo machiavélique, on a fa vorisé les forces de non – droit : Hamas n’est pas une issue politique viable, elle est l’expression de l’échec voulu de l’autorité palestinienne. Les gouvernements d’extrême droite en Israël se sont appuyés sur la croyance en leur Etat occidental- superpuissance. Ce mythe vient de s’effondrer. C ’est révoltant qu’il y ait des milliers de morts victimes innocentes des extrémismes de s deux côtés ! Le seul moyen de limiter l’influence grandissante de Hamas consisterait à encourager , crédibiliser et donner tous les moyens à l’autorité palestinienne pour lui permettre d’assumer son rôle de seul repreprésentant de l’Etat de la Palestine, au lieu de l’affaiblir, la cloî trer et la maintenir dans l’assistanat. Pour cela aussi les forces démocratiques de paix et de justice en Israël doivent être so utenues contre les extrémismes, les colonialistes et les intégristes. Il ne peut pas y avoir d’Etat religieux radical vivable à terme ni en Israël ni en Palestine. Faute de positions conforme s à la légalité et face à la lâcheté des gouvernants des pays européens et à la myopie officielle américaine, puisse les pays signataires des accords d’Abraham, forts de leurs postions globales en la matière, prendre plus d’initiatives pour porter les voies de la sagesse pour ouvrir les sentiers d’une paix , juste et durable entre les deux Etats souverains . E t c eci est dans la défense des intérêts bien compris de tous. Rabat le 24 Octobre 2023.
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